Le journalisme de solutions : quésaco?

Vous n’avez jamais entendu parler de journalisme de solutions ?
Rassurez vous, vous n’êtes pas les seul·e·s. D’ailleurs moi même j’ai fait la découverte de cette « révolution éditoriale » qui existe depuis plusieurs années aux Etats Unies et en Europe, au lancement du projet Naila de CFI, en 2017.
Déjà sachez que quand vous voyez ou entendez journalisme de solutions, journalisme d’impact ou journalisme constructif, il s’agit de la même chose. C’est comme dire banane plantain frite ou aloko.

Mais je vous le concède, ça ne vous dit toujours pas ce que cela signifie.
 
Pour ce faire, je vous invite d’abord à prendre quelques secondes et vous rappeler des derniers titres d’actualité que vous avez suivi ou croisé.  Il est fort probable que vous avez été servi un cocktail de  titres anxiogènes d’inondations, de catastrophes, d’enlèvements, de conflits tribaux, d’attaques terroristes, d’affaires de corruptions impunies, d’épidémies pour vous rappeler ô combien le monde va mal.  Ce qui vous a poussé soit à zapper la télé, éteindre votre poste radio, jeter votre papier journal (qu’on retrouvera chez la vendeuse de cacahuète du coin) ou cliquer sur le lien suivant.
 
Ne vous inquiétez pas, c’est tout a fait normal.  Cela est tout simplement la conséquence de la bonne vieille recette de vente « if it bleeds, it leads » « si ca saigne, ca fait la une ».
 
Cette méthode a eu son temps de gloire, mais malheureusement on note un désintérêt croissant des personnes vis à vis de l’actualité.
C’est pour palier à ce désintérêt (qui touche de plus en plus les jeunes de 18 à 25 ans) et dans le but de réconcilier les lecteurs avec l’actualité que plusieurs journalistes et média ont décidé de traiter leur sujet avec un angle solution. Et tous sont formels, les articles orientés solutions sont mieux perçus.
Dans la récente étude annuelle du Reuters Institute sur pas moins de 75 000 personnes dans 38 pays,  32 % des sondés évitent régulièrement ou parfois l’actualité, 3 points de plus depuis deux ans. Les raisons évoquées sont environ les suivantes :  57 % parce qu’elles les mettent de mauvais humeur 40 % parce qu’elles éprouvent un sentiment d’impuissance 3 % est lié au manque de confiance en l’information
Mais enfin, le journalisme de solutions quésaco ?
Associé à tort à du journalisme de « bonnes nouvelles », ou de « bisounours »   le journalisme de solution ou d’impact, est une démarche constructive qui vise à mettre en lumière des initiatives pour résoudre ou prévenir des problèmes sociaux, économiques ou écologiques.
 Pour vous permettre de mieux visualiser la différence entre l’approche des journaux classique et ceux orientés solutions, si on prend l’exemple des conséquences des pluies diluviennes, quand l’un vous sert un état des lieux dans certains quartiers, l’autre vous racontera comment un individu à construit un pont de fortune pour le désenclaver et rendre ainsi son quartier de nouveau accessible.

Reporter d’espoir qui est à l’origine du journalisme de solutions en France, défini les « solutions » comme :

  • une initiative concrète
  • qui apporte une réponse à un problème de société, économique, et/ou social et/ou environnemental
  • qui peut être locale (un village, une ville, un territoire) tout en ayant un potentiel de développement, d’essaimage, de reproductibilité en d’autres lieux, à d’autres échelles
  • dont l’impact est mesurable, qualitativement et quantitativement (si elle prétend créer de l’emploi ou de l’insertion, des économies de Co2, préserver des espèces, créer de la richesse… il est bon de pouvoir l’apprécier par des chiffres, connaitre le nombre de personnes concernées par l’action, et ne pas se contenter de bonnes intentions)
  • qui s’inscrit dans le temps (permettant d’apprécier sa pérennité, sa viabilité)
  • qui peut inspirer les gens, et leur donne envie d’agir (un critère relativement subjectif)

Retrouvez le témoignage de Mme Hélène Doubidji de Togotopnews.com

Depuis qu’on fait régulièrement des articles solutions on a constaté que les audiences ont de façon drastique augmenté et les articles solutions font parti des articles les plus lus aujourd’hui.

– Hélène Doubidji
J’espère qu’avec ces quelques lignes le journalisme de solutions n’a plus de secret pour vous.
Selon Anderson Diédri, rédacteur en chef d’ Eburnie Today, pure player ivoirien, « C’est une opportunité pour le continent africain. » Vous pouvez retrouver son avis sur la question dans son article Comprendre le journalisme de solution.   

Et vous ? Qu’en pensez vous? 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *